C'est d'apprendre,                              qui est sacré!

                                      Dans les premiers pas d'une classe Freinet

Trois ans. C’est l'âge auquel l'enfant fait généralement ses premiers pas à l'école. Et déjà, un point rouge pour lui dire qu'il ne sait pas tenir son crayon, un point orange pour prendre acte du fait qu'il ne sait pas encore fermer son manteau tout seul, un point vert pour féliciter son vocabulaire et son aisance verbale. Toutes ces couleurs pour rendre compte des compétences de l’enfant à ce dernier mais surtout à ses parents qui, déjà, s'inquiètent du métier qu'il pourra bien exercer plus tard aux vues de ce livret d’évaluation.

Dans les couloirs de nos écoles, alors que certains se résignent, d’autres se battent et font leur maximum pour que chacun trouve sa place et ne s'enferme pas dans l'échec. Ceux-là s’épuisent à « bricoler » des outils de « différenciation » pour aménager des temps de classe afin que chaque enfant soit pris en charge là où il en est, à son niveau. Tous s'épuisent parce que le système tel qu'il est conçu rend extrêmement difficile l'adaptation à chacun. Un système où l’on pose des exigences par classe d’âge, ce qui suppose que tous les élèves acquièrent les mêmes compétences au même moment. Est-ce le cas ? Que faisons-nous de cela? Que faisons-nous de ceux qui ne sont pas encore prêts à accueillir tel concept, telle notion? Prenons-nous le temps? Laissons-nous le temps? Non. Nous acceptons. Nous acceptons non seulement que l'enfant range soigneusement dans son classeur la feuille annotée d'un NA (pour non acquis), d'un 5/20 ou d'un point rouge, mais nous acceptons aussi que l'enfant n'ait pas compris. Avec ou sans note, souvent avec désarroi, nous acceptons cette défaite. Une défaite que celui-ci doit admettre et bien souvent ajouter soigneusement aux précédentes. Une défaite qui annonce les suivantes et contribue à détruire la confiance en soi.

Les pédagogies « alternatives », soucieuses d'accueillir l'enfant dans sa spécificité et s'inspirant des travaux de Maria Montessori, Ovide Decroly, ou encore Rudolf Steiner sont en vogue et apportent un certain nombre de réponses. Elles proposent un enseignement permettant à chacun d’avancer à son rythme. Pratiquées dans des écoles privées, leur pratique reste marginale et adressée aux familles ayant non seulement les moyens financiers mais aussi l'ouverture d'esprit de choisir un modèle éducatif qui leur convient.

Au sein de l’école publique, la liberté pédagogique permet de tout tenter. Mais parfois, le conformisme en vigueur dans les établissements ne laisse pas la place à l'innovation et les bâtons glissés dans les roues des jeunes ambassadeurs du changement ont tendance à les décourager. 

Ma rencontre avec Michel, une rencontre avec un autre possible, m’a donné envie d’en savoir davantage… et de le partager.

 

Delphine PINSON

 

Le mot de la réalisatrice

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